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Mai 2017

Les Fontaines de BILAZAIS

   

 EAUX MINERALES de BILAZAIS (Deux Sèvres)

Extrait de "La Revue de l'Ouest" du XIX siècle

 

 Parmi les plus grandes ressources que l’art de guérir possède, on doit placer les eaux minérales, dont l’usage tend à se généraliser aujourd’hui; mais, comme tout ce qui devient une mode, dans notre pays, conduit promptement à l’abus, qui nous mène vite au discrédit, déjà l’on trouve plus d’un incrédule à côté des enthousiastes. Les vertus médicatrices des eaux sont-elles donc connues d’hier ? Chez les Grecs, Hippocrate, le père de la médecine, Aristote, Strabon, les ont conseillées, et chez les Romains, Sénèque et Pline les ont vantées. Et cette expérience des siècles, loin d’être infirmée, a bien plutôt été confirmée par les données exactes de la science qui, depuis soixante ans, a fait tant de progrès. La chimie ne trouve-t-elle pas, en effet, dans les sources minérales, des agens thérapeutiques d’une haute énergie ?
Il ne faut pas sans doute demander à une même eau un remède à tout mal ; chaque source possède heureusement des propriétés particulières résultant de la nature et des proportions de ses éléments minéralisateurs, et ce n’est plus au hasard qu’un médecin envoient, quand il est consulté, tel malade à Vichy, tel autre à Barèges, et tel autre au Mont-Dore.
Mais, outre ces grandes sources dont la faveur est justement méritée, en général, la nature prodigue en a créé d’autres plus rapprochées de nous et assez riches encore pour rendre d’éminens services.
A quelques pas du village de Bilazais, près d’Oiron, entre Loudun et Thouars, se trouve une source sulfureuse qu’on ne saurait trop signaler aux habitans de notre contrée, parce qu’elle n’a pas été jusqu’à ce jour assez appréciée. Ces eaux, connues dans le monde médical depuis près de cent ans, ont déjà plusieurs fois fixé l’attention de l’autorité supérieure. Un rapport ancien (1795) proposait d’y fonder un établissement à l’usage des garnisons de l’Ouest. C’est assez dire la valeur que l’on attachait dès lors à nos eaux de Bilazais. Mais la situation politique de la France à cette époque ne permettait guère de songer à des institutions de ce genre.
En 1828, l’Académie, consultée par le ministre, eut à lui adresser un rapport sur leur composition et leur importance ; l’Académie déclara que ces eaux  « pourraient un jour mériter une attention particulière ; » et le jugement de l’Académie eut été sans doute encore plus favorable, si les personnes chargées de lui adresser les échantillons d’eau n’avaient eu la précaution de les filtrer !
En 1846, le préfet des Deux Sèvres nomma une commission chargée d’étudier de nouveau cette question. Deux hommes d‘une habileté reconnue : MM. Malapert, professeur de chimie à l’école de médecine de Poitiers, et Baudin, ingénieur des mines à Nantes, analysèrent séparément les eaux. De ces deux analyses, il résulta que les eaux de Bilazais sont sulfureuses.
Il me serait facile d’entrer ici dans des détails sur leurs richesses minérales, l’analyse en ayant été faite plusieurs fois ; mais je n’oublie pas que ces lignes s’adressent à ceux qui souffrent plutôt qu’aux hommes spéciaux. Qu’il me suffise donc d’établir qu’à Bilazais on retrouve les principaux caractères des eaux renommées d’Aix-la-Chapelle et d’Enghien, etc : odeur, teinte laiteuse s’irisant par momens sous l’influence des rayons solaires, présence de cette matière organique onctueuse que l’on a désignée sous le nom de glairine, de barégine ou de pyrénéine.
Nos eaux ont d’ailleurs fait leurs preuves, car dans un mémoire que M. le docteur de Morineau, alors médecin inspecteur à Bilazais, lui, il y a quelques années, à la Société de Médecine de Poitiers, je trouve un grand nombre d’observations qui établissent leur puissance curative. Et ces données cliniques sont d’accord avec la théorie ; en effet, comme les eaux de Barèges, si connues parmi les eaux sulfureuses, celles de Bilazais excitent les voies digestives, le système lymphatique ; elles augmentent les sécrétions de la peau, des bronches et des reins.
Elles conviennent dans les maladies chroniques de la peau : eczéma, pityriasis, gale invétérée, lichen, prurigo, éléphantiasis
Dans les inflammations catarrhales chroniques : bronchite, aphonie, pharyngite granuleuse, catarrhe vésical, leucorrhée
Dans quelques inflammations chroniques : métrite, rhumatismes rebelles, etc.
Dans les cachexies morbides : scrofule, engorgemens glanglionnaires, tumeurs blanches, carie, carreau, phtisie dans les deux premiers degrés, sans excitation, sans hémoptysie, syphilis larvée, et encore chez les malades qui ne supportent pas les préparations mercurielles, ou bien chez ceux qui en ont trop usé ; aussi contre la cachexie mercurielle et ses accidens consécutifs
Contre les affections chirurgicales : cicatrices douloureuses, ulcères atoniques, engorgemens articulaires par suite d’entorses, roideurs articulaires.
Je dois dire, en terminant cette article, trop long déjà, que le voisinage d’Oiron rend dès aujourd’hui facile et agréable le séjour pour la saison. Oiron est un charment petit bourg doté d’un beau château et d’un parc magnifique où la promenade permise assure, chaque jour, des délassemens variés. Un vaste hospice fondé par Mme de Montespan, pour qui Oiron fut érigé, en marquisat par Louis XIV, possède plusieurs salles de bains ; on y trouve de nombreuses chambres garnies aussi propres que dans aucun autre établissement du même genre ; une excellente table pour les baigneurs, un salon de conversation, en un mot tout un confortable déjà très satisfaisant.
Dans l’état actuel des choses, l’Hospice peut recevoir 60 baigneurs.
Un médecin éclairé, nommé par M. le Ministre de l’intérieur et résidant sur les lieux, est attaché, comme inspecteur, à l’administration des eaux.
Ainsi donc, que ceux surtout qui, dans un état de fortune modeste, ne peuvent pas à grands frais, aller demander aux eaux des Pyrénées, un soulagement à leurs souffrances, n’oublient pas qu’ils ont là, à leur porte, des eaux précieuses qui n’ont besoin, pour être mieux appréciées, que d’être mieux connues. Qu’ils ne se privent pas de ce grand bienfait, et ils ne mériteront pas l’épigramme de la femme spirituelle : l’un va à Vals parce qu’il est à Paris, l’autre à Forges parce qu’il est à Vals ; tant il est vrai que, jusqu’à ces pauvres fontaines, nul n’est prophète en son pays.
Poitiers 26 mai 1858
DE LA TERRIERE, docteur-médecin
 
NB : texte reproduit  avec l’orthographe de l’époque
Photos des Fontaines en 1995 et aujourd'hui

 

" Etre libre,ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la libertés des autres."

Nelson Mandela

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